La Forêt d’Ici

Depuis que je travaille avec la foret, les choses se sont affinées, élaguées, éclaircies. C’est aussi le rôle du temps qui passe, il mature le magma, et petit à petit donne une forme à nos projets les plus intimes.

La foret donc…
D’abord en Amazonie. D’abord avec les plantes de là-bas.
Impression d’apprendre en macro ce que je vis ici en micro.
Micro ? Pas de comparaison de ‘plus mieux là-bas’ et ‘moins bien ici’, mais cette sensation d’avoir l’occasion de sentir dans une foret qui respire bruyamment pour pouvoir revenir ensuite écouter le chant plus introverti de nos forets locales.

Pourquoi tu retournes encore en Amazonie me demande-t-on souvent ?
J’ai cherché par ici des enseignants qui puissent me guider sur le chemin de l’intelligence du vivant mais je n’en ai pas trouvé qui m’offrent le même cadre d’apprentissage.  
J’ai trouvé des intervenants et enseignants de qualité. Des gens qui enseignent la présence à soi, l’éveil aux énergies subtiles et le chant de l’âme. Mais rien qui ne fertilise mon art de soigner comme l’isolement prolongé dans cette foret primaire le fait.
Il y a d’abord l’esprit vivant et la force non domptée des végétaux sauvages sur une immense surface. Mais aussi l’art ancestral et intergénérationnel des chamans et guérisseurs qui vivent et travaillent avec les plantes comme ‘maîtresses’ du chemin.
D’ici quelques générations peut-être aurons-nous retrouvé ces racines pratiques qui nous permettront de transmettre sans les mots… parce que c’est bien de cela qu’il s’agit pour moi.
Un enseignement sans les mots : un art du sentir pour entrer dans le discernement par le corps. Cela demande silence et isolement.
Ce que le bruit de nos vies ordinaires et connectées ne permet pas.

Peut-être tout ça sonne-t-il très abstrait pour vous.
Pour moi, de plus en plus, c’est concret, solide, vivant, matériel. : ma réalité de travail.

RETRAITE
DIÈTE